L'accéssibilité et la conformité : késako ?
le dimanche 27 août 2006
Le Pourquoi
Je commence à vous donner une définition de l'accessibilité :
Mettre le Web et ses services à la disposition de tous les individus, quel que soit leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales.
Cette définition a été donné par Tim Berners-Lee, directeur du W3C, et elle résume assez bien la problématique.
Quand Tim Berners-Lee fait cette déclaration, il admet implicitement que cela jusqu'alors, les sites internet n'étaient pas conçus dans cette optique.
Depuis le début, quand nous réalisions nos sites internet, l'accessibilité n'était pas au coeur de nos préoccupations, nous la percevions même comme un frein quand nous étions contraints de vérifier si notre site fonctionnait bien sur IE et Netscape Navigator.
Nous voulions faire des sites qui "en mettent plein la vue", que nos sites restent dans la mémoire des personnes qui auraient à les consulter, par leur aspect travaillé et esthétique ou la technologie innovante qui aurait été mis en oeuvre.
Mais, inconsciemment ou pas, dans cette démarche, nous nous sommes coupés peu à peu d'une frange de la population.
Ainsi, à cause d'un graphisme "engagé" offrant trop peu de contraste, la personne ayant des problèmes visuels ne peut pas lire le texte affiché. La personne qui ne peut pas installer Flash sur son navigateur, ne peut pas lire le contenu de nos sites en full Flash. La personne qui possède un modem bas débit aura du mal à consulter un site trop lourd.
De plus, nos moyens d'accéder à internet se diversifient. Auparavant, il n'y avait en gros que deux façons de consulter des pages web : sur un ordinateur de bureau ou sur un ordinateur portable. Aujourd'hui, les moyens alternatifs d'accéder au web se développent (téléphone portable, PDA) et c'est une tendance qui a des chances de s'amplifier dans le futur. Jusqu'à maintenant, un site réalisé "à l'ancienne" est quasiment illisible sur un téléphone portable.
La communauté s'est heureusement rendu compte de ces dérives et de ces freins à une vision à long terme du web. Elle s'est organisé pour essayer de proposer des solutions. C'est au sein du W3C que des solutions vont être étudiées.
Le Comment
Globalement, le moyen préconisé par le W3C est que tous les acteurs du web suivent des règles communes afin de normaliser la création de sites. Mais il ne s'agit pas d'imposer des règles, mais plutôt de proposer des recommandations. La recommandation de base et qui tranche radicalement avec le passé est de séparer strictement la mise en page du contenu.
Ainsi la mise en page du document sera gérée par des CSS ou Feuilles de style en cascade en français. C'est par le biais des CSS que vous donnerez l'apparence voulu à votre page web. Les CSS permettent en effet d'agir sur l'emplacement, la taille, la police, la couleur de tous les éléments et les autres caractéristiques liées à la présentation d'un document. L'avantage de l'utilisation des CSS est multiple. Cela permet pour le webdesigner d'appliquer une même mise en page pour plusieurs documents, en quand il voudra modifier sa mise en page, cela se répercutera sur tous ces documents. Cela permet à l'utilisateur de pouvoir d'adapter le document à ses besoins particuliers dûs à son matériel ou son handicap.
Le contenu du document sera lui géré par du code XHTML. Il s'agit d'une évolution du langage HTML mais qui respecte la syntaxe du XML lui garantissant une pérennité accrue. Le code XHTML ne devra donc faire apparaître que deux types d'élément : le contenu de votre document et la structuration de votre contenu.
Le W3C fournit un document qui décrit officiellement ce que sont les CSS : Cascading Style Sheets level 2 CSS2 Specification En voici une traduction non-officielle : Les feuilles de style en cascade, niveau 2 Spécification CSS2
Le W3C fournit un document qui décrit officiellement ce qu'est le XHTML : XHTML 1.0 The Extensible HyperText Markup Language (Second Edition) En voici une traduction non-officielle: XHTML 1.0 : Le langage de balisage hypertexte extensible
Si vous rédigez vos pages en suivant scrupuleusement ces recommandations, vos pages seront conformes. Vous pouvez d'ailleurs vérifier la conformité de vos pages en utilisant le service de validation du W3C : Validateur CSS du W3C et Validateur XHTML du W3C
La conformité des pages web aux recommandations du W3C est un préalable pour rendre vos pages accessibles, mais cela n'est pas suffisant. En effet, une bonne syntaxe ne suffit pas, d'autres aspects, plus subjectifs, sont à prendre en compte. C'est pour ça que le W3C a rédigé plusieurs recommandations spécifiques à l'accessibilité :
- Web Content Accessibility Guidelines 1.0 ou WCAG 1.0. Traduction non-officielle : Directives pour l'accessibilité aux contenus Web (version 1.0)
- Techniques for Web Content Accessibility Guidelines 1.0 Traduction non-officielle : Techniques pour les règles d'accessibilité du contenu Web 1.0
- Getting Started: Making a Web Site Accessible Traduction non-officielle : Premiers pas pour rendre un site Web accessible
- Quick Tips to Make Accessible Web Sites Traduction : Conseils pour faire des sites web accessibles
La situation de l'accessibilité en France
Nous avons vu que les recommandations du W3C sur la conformité et l'accessibilité des pages web n'ont pas de caractères contraignants, mais la France a voulu inscrire l'accessibilité dans la loi. Ainsi La loi n°2005-102 pour "l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées" a été adoptée en France le 11 février 2005. Cette loi fait mention que "Les services de communication publique en ligne des services de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées".
L'ADAE a rédigé un Référentiel accessibilité des services Internet de l’administration française en collaboration avec l'association BrailleNet. Ce référentiel se base sur les recommandations du W3C, en particulier les WCAG, et liste 92 recommandations.
Mise à jour 15 mars 2007 : L'ADAE n'existe plus, mais le travail a été repris par la DGME crée en 2006 qui planche en particulier sur le RGI. Plus d'infos sur le RGI sur Wikipédia
Alors, bien sûr, même si ces recommandations sont rédigés dans ce document à l'attention des acteurs du web qui seront amenés à créer ou mettre aux normes les sites internet de l'Etat, rien ne nous empeche de s'y reférer pour tous les types de sites internet.
Ces 92 recommandations sont repris par les 92 critères AccessiWeb.
L'association BrailleNet met à la disposition de tous des outils pour faciliter la compréhensions de ses critères :
- Le Guide AccessiWeb propose une fiche pratique par critère AccessiWeb pour aider à le comprendre, à l'évaluer et à l'implémenter.
- Le Manuel AccessiWeb présente 4 méthodes d'évaluation des 92 critères AccessiWeb.
- La barre AccessiWeb permet d'aider tout internaute à évaluer manuellement l'accessibilité d'un site Web suivant les 92 critères AccessiWeb.
L'association Braillenet propose également de faire labeliser son site internet via le label AccessiWeb
A signaler que le site Opquast fourni lui aussi une liste de critères qui peuvent vous aider à vérifier l'accessibilité de votre site.
Hormis la barre AccessiWeb, d'autres barres permettent de faciliter la tâche de webmaster pour vérifier la conformité et l'accessibilité de son site : La barre Web Developer et La barre Mozilla Accessibility Extension
Mise à jour 30 août 2007
Les choses ont bougé au niveau du référentiel de la DGME : je vous invite à consulter le billet Le Référentiel Général d'Accessibilité pour les Administrations (RGAA).
